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Blog en cours de transformation, consacré au patrimoine industriel et aux explorations urbaines. (par G. KOZUBSKI)

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...au départ d'une visite sur le site FCB à Lille-Fives.

vendredi 14 septembre 2007

Das Ruhrgebiet




La Ruhr est l'un des plus grands bassins industriels en Europe. Quelques chiffes pour vous donner une idée: 70 km entre Duisbourg et Dortmund, 5.2 millions d'habitants pour le seul bassin, plus de 12 si l'on ajoute la conurbation rhénane toute proche avec ses grandes villes comme Cologne ou Düsseldorf et une concentration industrielle proprement gigantesque. L'originalité géographique de la Ruhr est d'offrir des ressources minières étendues ( fer, potasse, charbon...), d'être au centre de l'Europe ( 150 km de Rotterdam, plus grand port du monde et débouché fluvial, routier et ferroviaire, 1h de route de la région des Trois Frontières-Liège, Maastricht, Aix-la-Chapelle, 1h également pour rejoindre Francfort et bien sûr l'axe rhénan, colonne vertébrale de l'Europe) et d'avoir bénéficier d'une logique d'urbanisation à grande échelle avec ses réseaux ferroviaires fluviaux, celui du gaz qui serpente entre des usines extensives et de petits centres résidentiels, le tout dominé par de grandes villes ( Duisbourg, 3ème port fluvial au monde, Essen-Gelsenkirchen, Bochum et Dortmund), de grands entrepreneurs (Siemens, Krupp...) et les caractéristiques de la politique industrielle allemande.


La richesse produite depuis le XIXème siècle dans ce bassin a une importance cruciale dans l'appréhension de l'histoire allemande: à titre d'exemple, je rappelle que l'occupation française de la Ruhr en 1923 n'est pas anodine, que le régime nazi s'est servi de la Ruhr comme d'un moteur économique chargé de redresser l'Allemagne entre 1933 et 1939 - notamment la construction des premières autoroutes en dalles de béton ajustées, A1 allemande entre Cologne et Dortmund, et que le dynamisme économique allemand actuel repose en partie sur les usines de la Ruhr.


La culture industrielle est omniprésente dans la Ruhr. Il s'agit d'un autre trait spécifique de cette région: la passé et le présent industriel - qui ont fortement imprégné le paysage et les mentalités ( c'est la région d'Allemagne la plus engagée dans l'associatif, mais aussi dans le syndical) participent pleinement du patrimoine commun et interviennent comme une donnée inébranlable. L'industrie n'est pas dénigrée comme une activité d'un autre âge sur laquelle il faudrait tirer un trait afin de se reconvertir, mais comme une structure évolutive qui se reconvertit elle-même. Peu de friches abandonnées, beaucoup d'usines encore en activité et surtout une intégration urbaine de ce patrmoine industriel: le Landschaftpark de Duisbourg, ou celui d'Essen sont rénovés, adoptent de nouvelles activités ( écoles, entreprises, salles de concert, de réception, sport et loisirs dans des espaces où la nature reprend ses droits mais pas n'importe comment, transports en communs...) qui les placent comme autant de pôles urbains.


Bien sûr certains sites sont moins favorisés, d'autres ont été détruits, l'environnement urbain est dans certains quartiers assez dégradé, certains sites sont partiellement exploités, d'autres complétement fondus dans la ville et privés et il manque parfois une conception muséale à la française, avec musée, parcours plus approfondis, adaptation au public étranger et peu d'espaces d'échanges. On trouve plus souvent des restos à la mode dans des sites au charme presque buccolique que l'on peut explorer assez librement, des hommes d'affaires, et beaucoup de coureurs, de vélos, d'enfants. Une bibliothèque pour universitaires, un guide en anglais, trois musées assez généraux et une ambiance parfois un peu intime, comme si ce patrimoine était celui des Allemands avant tout.


Ce voyage a été très formateur. La vision allemande du patrimoine industriel est très différente de la nôtre, de notre "archéologie industrielle" théorique et frileuse. J'ai été très frappé par cette différence, d'autant plus que je l'ai sous-estimée: je l'ai envisagée sous l'angle de l'aboutissement et de la découverte, en plaçant bien sûr cet "eldorado" en meilleur position. J'en arrive à la conclusion que celle-ci est avant tout une différence entre mémoire industrielle et historique respective. Si la reconversion et l'intégration des lieux est moins importante et peut-être plus difficile en France, elle est beaucoup plus complète et aboutie. L'expérience allemande dans la Ruhr est esthétiquement un véritable bonheur parce que ces anciennes mines, cockeries ou aciéries sont intégrées à la ville; sur le plan patrimonial, elle s'inscrit dans l'âme de cette région comme d'autres mettent en valeur des "routes du champagne"ou des "églisescisterciennes".

C'est bien de cela dont il s'agit : de la "Route Industriekultur" et ses parcours thématiques en allemand, toujours à proximité de la vie, de la ville, de ses entreprises, de ses parcs d'attractions ( 5 dans d'anciens sites). Mais il manque parfois un centre de sources documentaires en différentes langues, une caution scientifique, la présence d'anciens employés prêts à témoigner, une logique muséale qui dépasse l'initiation ludique au monde de la mine pour les enfants, un parcours visible autrement que par une visite au pas de charge en allemand et payante.


Il y a beaucoup de choses à dire sur le sujet. Et puis, je commence tout juste à mettre en ordre toutes mes impressions, à prendre du recul; j'oscille entre émerveillement et esprit critique, parfois un peu chauvin c'est vrai. Cette confusion cache cependant une certitude: la patrimoine technique et industriel allemand gagne à la fois à être connu et à être adaptéen partie en France. Deux exemples pour illustrer cette conclusion: Essen sera Capitale eurpoéenne de la Culture en 2010, et le projet Bassin Minier Unesco est un terrain favorable à l'expérimentation d'un modèle de culture industrielle retrouvée et adaptée, notamment pour les problèmes de reconversion que connaît la région. L'installation du Louvre à Lens se rapproche ainsi de ce qui se fait dans la Ruhr, où de nombreux sites accueillent des expos d'art et des institutions culturelles.

Florilège






Quelques photos... en attendant des messages plus "ciblés"! Quelque part dans le port de Rotterdam; Landschaftpark de Duisbourg Nord; Cockerie Hansa à Dortmund; Gazomètre de Oberhausen ( 105 m) et une vue du Charbonnage du Hasard à Cheratte. Pour le reste, j'ai complétement oublié de récupérer les photos des autres sites de la Ruhr visités, notamment la section photos " artistiques". Il faudra attendre une bonne petite semaine normalement, le temps de présenter ceux-ci!

mardi 11 septembre 2007

De retour

Mon amie et moi sommes rentrés de notre périple il y a 2 jours. Je dois attendre mon retour à Paris pour pouvoir afficher une sélection de toutes les photos prises dans la Ruhr où nous avons parcouru dans tout les sens la "Route Industriekultur". Plus d'infos d'ici quelques jours sur cet eldorado du patrimoine industriel... Nous avions par ailleurs projeter toute une série de visites, d'explorations sur un rayon de 150km autour de Liège, mais nous avons concentrer nos efforts sur le célèbre charbonnage de Cheratte, d'une part par manque de moyens et de temps pour continuer ailleurs, d'autre part grâce à notre rencontre avec un la gardien et ex-mineur du site et ses souvenirs...A bientôt! Guillaume

lundi 13 août 2007

Grands Moulins de Paris à Marquette-lez-Lille -2-






Grand Moulins de Paris à Marquette-lez-Lille -1-






Ma plupart des minoteries ont été rachetées par les GMP, d'où le nom qui porte un peu à confusion.

Une petite parenthèse

Je n'ai pas encore eu l'occasion de retourner dans les environs de Grugies pour approfondir un peu mes recherches, tout ce que j'ai pu faire de Paris confirmant seulement mes premières hypothèses: il s'agit bien d'une ancienne distillerie, à vocation probablement industrielle et non à une production destinée à la vente aux particuliers. Une route longeait autrefois le talweg naturel qui coupe la route Saint-Quentin-Chauny et n'est encore utilisée que dans sa partie ouest, ce qui confirme la centralité du site au niveau local, cette route permettant de rejoindre les champs près de la vallée de l'Oise, très riche en agro-industrie, sans passer par Saint-Quentin plus au nord. Enfin, le site semble avoir cessé son activité en 1969-1970.

En cette fin de période estivale, je crains de ne pouvoir compléter ces informations très rapidement. Le rythme de mes explorations et recherches s'est ralentie au mois d'Août avec mon job de chargé d'accueil au Louvre qui m'oblige à être frais et dispo à 8h tout les matins, le reste de mon temps étant consacré à la préparation des rattrapages.

Bon je trouve cependant le temps de préparer un petit road après la rentrée au départ de Lille et direction la Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne. Si vous avez quelques idées de visites, n'hésitez pas à m'en faire part; pour me contacter guillaume.kozubski@club-internet.fr .

Je ne pars pas sans l'envie de laisser quelque photos d'une explo au GMP de Marquette-lez-Lille dont vous avez déjà pu voir une avant-première. Pour mémoire, ce site, née de la volonté des meuniers lillois de s'organiser et de se placer à proximité de canaux très fréquenté du Nord, est typique des Grands Moulins type Pantin ou Corbeil reconstruits ou agrandis dans les années
30, dans un style souvent régionaliste ( Pantin et le style alsacien car l'architecte l'était) ou comme ici dans le style beffroi flamand et château d'industrie typique de l'agglomération lilloise. Vous avez sans doute déjà entenu parler de ces Moulins, et pour les autres je vous invite à consulter l'un des nombreux ouvrages consacrés au PTI, ce site faisant souvent l'objet de descriptions minutieuses dont je ne ferais ici que recopier les meilleurs passages.
Pour la visite, je vous invite à la plus extrême prudence, et vous rappelle que la pénétration dans un site privé ou public abandonné n'est pas condamnable si vous n'y allez pas dans l'intention de voler ( quoi?) ou de vous livrer à des activités frauduleuses, et si vous ne franchissez pas une protection prévue à cet effet, ce qui n'est pas le cas ici.

dimanche 5 août 2007

Distillerie -4-